Il ne restera d'eux qu'un vide-grenier

Publié le par helene33660

Les enfants des éteignoirs de là-haut vont à l’école dès l’âge de six ans. L’école est une machine à tuer les rêves. Tout comme un assassin a le choix entre l’épée, le poison et la strangulation, l’école a des armes diverses pour accomplir sa besogne : le bulletin de notes, le coin, le bonnet d’âne, le carnet de correspondance ou la retenue. Des armes cruellement efficaces. Les rêves finissent par disparaître tous, comme un vol d’étourneaux dans les nuages. A mesure que les enfants grandissent, les récréations s’écourtent. Le ciel est de plus en plus bas, de plus en plus sombre.

 

 

« Les éteignoirs quittent l’école douze ans après y être entrés, affublés de manies inquiétantes. Rien ne sera plus jamais comme autrefois. Ils soupirent sans cesse, comme si du monde ils avaient tout connu. Plus rien ne les étonne. Ils savent… Oui, ces aliborons savent tout et ne s’intéressent à rien. Ils hésitent chaque matin : s’habiller en noir ou en gris, telle est la question. Ils sont tristes… Ils errent à la recherche d’un destin d’occasion, d’un avenir qui ne soit pas trop exigeant… Les bras ballants, le front penché, les épaules penaudes. Ils marchent, croyant désespérément qu’ils finiront par arriver dans quelque endroit qui en vaille la peine. Et lorsqu’ils s’aperçoivent que leur vie n’est qu’un inutile labyrinthe sans la moindre issue, il est trop tard. Trop tard pour rêver. Trop tard pour aimer. La solitude a ourdi sa toile venimeuse autour d’eux. On vendra leurs meubles, les brouillons de leurs lettres, leurs photos, leur lit, leurs fanfreluches et leur précieuse collection de cartes téléphoniques.

« Il ne restera d’eux qu’un vide-grenier.

« Comment aurait-il pu en être autrement ? On ne se souvient pas d’un fantôme. On le croise, on le distingue, puis on l’oublie aussitôt. Pauvres éteignoirs de là-haut.

Guillaume  sire
"j'étais un enfant étrange ; je n'aimais pas le gateau au chocolat

"

Publié dans cour d'école

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clementine 28/10/2009 19:33


tu dis la vérité.. c'est tout.. puis la photo c'est celle d'un photographe, c'est pas celle d'un enfant que tu connais.. alors tu la laisses.. c'est du n'importe quoi ce qu'on t'a répondu.. c'est
pas les enfants de ta classe alors.. tes photos que tu trouves certainement sur internet.. on a le droit.. puisque c'est public.. puis pour le texte, personne ne peut te faire de reproche puisque
tout le monde le monde et l'on peut l'écrire.. tu as le droit.. rien de répréhensible comme dans les autres articles que j'ai vus.. rien du tout.. ils te font du chantage.. 
clem 


helene33660 29/10/2009 08:11


il est beau cet article...


darwin 15/10/2009 23:14



Grand dépressif, l'auteur? Qu'aurait été sa vie sans l'école? N'aurait pas pu écrire aussi bien des pensées aussi profondes! Des rêveries, plutôt...
Mais "lorsqu’ils s’aperçoivent que leur vie n’est qu’un inutile labyrinthe sans la moindre issue, il est trop tard",il y a bel et
bien une issue au labyrinthe, la même pour tous, et nous finirons tous en vide-grenier, école ou pas... Sniff! Je vais aller me boulotter un stresam ou deux!... 



helene33660 17/10/2009 06:39


surtout pas.... lef stresam... ici ce serait un tit verre de st emilion...lol

oui, il doit avoir souffrir de cette école...; de cette vie... mais qd je lis les articles sur les maisons de retraite, ou  les couloirs de l'hopital.... dur dur..

il doit avoir souffert ce monsieur pour écrire si bien, si fort.


humanlove 14/10/2009 15:07


bonjour madame


helene33660 17/10/2009 06:39


bonjour, bonjour, human love. a  bientot et bon week end.


colombine73 14/10/2009 14:07


Bonjour

mais nous avons toutes et tous des rêves, il faut sans doute les regarder en face bisous à bientôt


helene33660 17/10/2009 06:40


et oui, s'agit de ne pas oublier que l'on en a, et continuer de s'y accrocher. bizz