Comment faire quand on ne peut pas avoir d'enfants ?

Comment faire quand on ne peut pas avoir d’enfants ?

 

Si certains couples sont réellement stériles-  sans aucune possibilité de grossesse-  ils sont  environ  10 %,  à être  “hypo-fertiles”, c’est-à-dire qu’ils vont mettre beaucoup plus de temps pour concevoir un enfant et qu’un traitement  médical sera parfois nécessaire.

Toutes les méthodes, dont je vais vous parler, représentent des actes importants et ne sont pas sans questionner les gens ( médecins et patients)  avec des problèmes d’éthique et des incertitudes :
 "Qui est le vrai père/ la vraie mère ?"
 "L’anonymat est-il tout à fait fiable ?"

 "Serais-je un père/ une mère  illégitime ?".

 

En France 30 000 couples se rendent chaque année dans un centre de Procréation Médicalement Assistée ( PMA). Le taux de réussite moyen de ces méthodes est de 20 %.

 

Rappels : L’ovocyte (ou ovule) est la cellule reproductrice féminine.

La cellule reproductrice masculine étant le spermatozoïde.

L’ovocyte est contenu dans l’ovaire. Chaque ovaire contient normalement plusieurs milliers d’ovocytes présents dès la naissance, dont le nombre diminue progressivement au cours de la vie.

 

 

1 ) Les IAC : Insémination Artificielle avec le sperme du Conjoint

 

C’est la technique d’Assistance Médicale à la Procréation( AMP) plutôt  simple et très ancienne.

Il s’agit de déposer la semence directement dans l’utérus, grâce à une pipette, le jour de l’ovulation.

Principe du traitement : on stimule quotidiennement, pendant 15 jours,  les ovaires par des injections quotidiennes d’hormones  appelées FSH.

Le but est de produire plusieurs cellules reproductrices au lieu d’une seule lors d’un cycle ordinaire. Le développement des ovocytes est suivi par échographie et prise de sang (dosages hormonaux).

Au moment où les ovocytes sont « prêts », on provoque artificiellement l’ovulation par l’injection d’une autre hormone  appelée  HCG.

36 heures plus tard, les ovocytes seront dans les trompes  et susceptibles d’être fécondés.

L’insémination est réalisée sans hospitalisation.

Le médecin biologiste travaille par voie vaginale, sous anesthésie locale. A l’aide d’un fin cathéter,  il dépose les spermatozoïdes à l’intérieur de l’utérus. Les spermatozoïdes mobiles remontent naturellement vers les trompes à la rencontre de l’ovocyte.

 

La fécondation se fait selon le processus naturel, « in vivo » puisqu’elle se passe à l’intérieur du corps de la femme.

Si la fécondation ne se fait pas naturellement, mais  dans un laboratoire et donc à l’extérieur du corps de la femme, on dit que c’est une technique « in vitro ».

 

 

2) Les IAD : Insémination artificielle avec sperme d’un donneur 

 

Si le sperme du partenaire ne contient aucun spermatozoïdes ou bien pas assez, l’insémination peut être réalisée avec le sperme d’un donneur anonyme que les médecins spécialisés se procurent dans les banques de sperme. Cette méthode est utilisée en cas d’ azoospermie , de maladies génétiques héréditaires, maladie infectieuse. L’utilisation du sperme d’un autre homme peut poser des problèmes éthiques à certains couples.

 

 

3) FIV : fécondation “in vitro” (ou “fivète”) et transfert d’embryons.

 

C’est une technique plus « lourde » que l’insémination artificielle. Elle est pratiquée en laboratoire.

La stimulation hormonale est plus importante que pour l’insémination artificielle. Une fois l’ovulation déclenchée, il faut partir à l’hôpital car le recueil des ovocytes s’effectue au bloc opératoire.

A l’aide d’une fine aiguille, le médecin biologiste aspire le liquide folliculaire dans lequel baignent ces précieuses cellules. Cela se fait par voie vaginale, sous contrôle échographique, et sous anesthésie locale ou générale.

Le sperme, lui , est recueilli et préparé au laboratoire. Parfois des spermatozoïdes préalablement congelés sont utilisés.  On utilise alors les paillettes ( ce sont des échantillons  qui permettent de conserver des petites doses de sperme). Elles  sont décongelées  afin de récupérer des spermatozoïdes mobiles.

 

Ensuite, les spermatozoïdes préparés sont  déposés avec les ovocytes, dans une boîte de culture contenant un milieu liquide nutritif et placée dans un incubateur à 37°C.  Les spermatozoïdes  viennent spontanément au contact de l’ovocyte qui pourra être fécondé. 

 

Le lendemain de la ponction, les ovocytes fécondés (ou zygotes) sont identifiables par la présence de 2 noyaux, appelés pronucleï : l’un provient de l’ovocyte, l’autre du spermatozoïde.

 

Les zygotes deviennent des embryons de deux à quatre cellules en 24 heures. Dans la majorité des cas, les embryons sont transférés deux à trois jours après la ponction.

Le transfert embryonnaire est réalisé au moyen d’un cathéter fin et souple introduit par voie vaginale dans l’utérus. L’embryon est déposé à l’intérieur de l’utérus et s’y développe.

 

Parfois, le médecin biologiste obtient plusieurs embryons. Il en ré-implante 3 ou 4 dans l’utérus de la femme. Les autres  sont conservés congelés dans de l’azote liquide. Si tous  les embryons implantés continuent normalement leur évolution, on peut proposer à une “réduction embryonnaire”, c’est-à-dire qu’on extrait  les embryons  en trop. ( pour éviter d’avoir des triplés, des septuplés…)

Les embryons congelés   eux, peuvent  :

- être  utilisés à nouveau pour démarrer une autre grossesse chez la même femme

- être donnés à une autre femme,

- être  “utilisés” pour la recherche scientifique.

 

Remarque : - A cette méthode de base peuvent être apportées certaines variantes : dans le cas de stérilité importante du mari ou de la femme, les ovules peuvent être prélevés sur une autre femme ou les spermatozoïdes venir d’un donneur de sperme.

 

- Le couple doit accepter par écrit, après un mois de réflexion, la proposition d’assistance médicale à la procréation de votre médecin (Art. L.2141-10 du Code de la santé publique).

 

- Il arrive que le processus l’AMP échoue et qu’il soit interrompu pour diverses raisons (non réponse à la stimulation, problème de qualité de l’ovocyte ou de l’embryon, échec de la fécondation…).

 

4- Fécondation in vitro avec ICSI  Ça vient de l’anglais « Intra Cytoplasmic Sperm Injection »)

L’ICSI  est une technique «  in vitro » d’Assistance Médicale à la Procréation (. On parle aussi de micro-injection ou de fécondation avec micromanipulation.

La fécondation avec ICSI consiste en l’injection d’un seul spermatozoïde dans l’ovocyte. Elle se fait avec une préparation spéciale des ovocytes et des spermatozoïdes.

Pour chacun des ovocytes, un spermatozoïde est choisi en fonction de son aspect et de sa mobilité.

Sous contrôle d’un microscope, le biologiste maintient l’ovocyte avec une micropipette. Avec une autre micropipette, il  aspire le spermatozoïde sélectionné puis l’injecte à l’intérieur de l’ovocyte.

Cette micro-injection est renouvelée pour chaque ovocyte fécondable. Les ovocytes sont ensuite remis dans une boîte de culture dans l’incubateur à 37°C pour les étapes suivantes qui sont identiques à celles de la fécondation in vitro classique.

 

Si le sperme ne contient pas  assez de spermatozoïdes (azoospermie), des spermatozoïdes peuvent être prélevés chirurgicalement dans les voies génitales masculines ou dans le testicule.

 

 

5)Le don d’embryon

A partir du moment où le couple est stérile mais que l'utérus de la femme est fonctionnel, ce dernier peut avoir recours au don d’embryon. On réalise une FIV avec du sperme et des ovocytes de donneurs, puis on implante l'embryon dans l'utérus de la mère. Le don est totalement anonyme. Il est impossible pour les couples donneurs de connaître le couple receveur de leur don et inversement.

Le taux de réussite n’est que de 10 à 15 % par transfert.

La donneuse soit âgée de moins de 37 ans et que le donneur soit âgé de moins de 45 ans au moment du don.

Dans la mesure du possible, l’attribution des embryons tient compte des caractères physiques principaux des donneurs et du couple receveur (ethnie, couleur de la peau, yeux).

Souvent   il s’agit des embryons congelés de couples qui n’ont plus de projet parental et qui consentent à faire un don.

 

6) La maternité de substitution ou les mères porteuses.

 

Le principe d’une mère porteuse, c’est qu’une femme fertile porte un enfant pour le compte d’une femme stérile.

Au moment de sa naissance, l’enfant est remis à la femme stérile, moyennant de l’argent.

C’est une pratique interdite en France ( pour éviter tout commerce), mais qui existe dans certains pays du monde – Belgique, Argentine, …

Une femme volontaire prête ou loue son utérus. La mère porteuse peut être inséminée artificiellement avec le sperme du père, ou elle peut porter un embryon produit par FIV à partir des gamètes du couple. A la naissance, l'enfant est remis au couple demandeur. Cependant, la maternité de substitution pose plusieurs problèmes. Par exemple, que ce passe t il si la mère porteuse décide de garder l'enfant? Et si l'enfant naît  malformé qui en  voudra ?

 

7) L’adoption

Contrairement aux idées reçues, l’adoption n’est pas un mode de filiation comme les autres. Adopter un enfant, c’est  lui donner une filiation fictive.

L’adoption implique :

- Des candidats adoptants, souvent perturbés par leur impossibilité à réaliser leur désir d’enfant.

- Une famille biologique pour laquelle la décision d’abandon est presque toujours une souffrance.

 

Les démarches administratives d’une procédure d’adoption sont lourdes :

 Une enquête psycho-médico-sociale afin d’évaluer la motivation du couple et leurs capacités à faire face aux particularités de l’adoption.
 De nombreux documents sont demandés tels qu’un certificat de bonne vie et mœurs, un certificat de composition de ménage, etc...

Lorsque le dossier est accepté, commence alors la seconde étape qui est de rencontrer les associations responsables du placement des enfants. Le processus d’adoption peut se mettre en place. Il est souvent long.

 

Mes recherches sur Internet :

http://www.procreationmedicale.fr/differentes-techniques-amp/fecondation-in-vitro-avec-icsi/

 

 http://pma.alwaysdata.net/#partied

 

http://www.babyfrance.com/sterilite/avoir-bebe-solutions.html

 

http://www.youtube.com/watch?v=_05UKwglOjI  ( fiv sur you tube)

 

Vocabulaire :

 

Infécondité : le fait pour un couple de ne pas avoir eu l’enfant souhaité.

 

LH : hormone d’ovulation produite par une glande située à la base du cerveau (l’hypophyse), qui participe à la maturation de l’ovocyte juste avant l’ovulation.

 

Liquide séminal : liquide biologique- qui contient les spermatozoïdes. ( le sperme)

 

Maturité : stade d’un ovocyte qui est considéré comme étant mûr. L’ovocyte à maturité peut, après fécondation, donner un embryon capable de se développer.

 

Ovaires : partie des organes féminins de la reproduction, au nombre de deux, encore appelés « gonades » féminines. Ils sont situés de chaque côté de l’utérus. Les ovaires fabriquent les cellules reproductrices féminines (ovocytes) et les hormones féminines (œstradiol et progestérone principalement).

 

Ovocyte : cellule reproductrice féminine (gamète), encore appelée ovule, contenue dans un follicule.


Ovulation : expulsion hors de l’ovaire d’un ovocyte mûr provenant d’un follicule mature.


Paillettes : Conditionnements pour échantillons biologiques de petit volume permettant, de conserver des petites doses de sperme congelé.


Ponction ovarienne : geste chirurgical réalisé sous contrôle échographique, qui permet d’aspirer le liquide folliculaire contenant les ovocytes. Elle est effectuée à l’aide d’une aiguille reliée à une seringue.

 

Progestérone : hormone féminine produite après l’ovulation . Elle favorise l’implantation de l’embryon.

 

Spermatogenèse : processus de fabrication des spermatozoïdes par les testicules

 

Spermatozoïde : cellule reproductrice masculine (gamète), qui possède une tête et une queue (le flagelle) et qui est capable de se déplacer.

 

Spermogramme : analyse biologique du sperme évaluant le volume, le nombre, la mobilité, la viabilité et l’aspect morphologique des spermatozoïdes.

 

Stérilité : incapacité totale ou définitive pour un couple à concevoir, c’est-à-dire de débuter une grossesse.

 

Stimulation ovarienne : traitement médicamenteux (injections ou comprimés) à base d’hormones permettant de stimuler la maturation d’un ou plusieurs follicules par chacun des ovaires.

 

Testicules : font partie des organes masculins de la reproduction, au nombre de deux, encore appelés « gonades » masculines. Les testicules produisent les spermatozoïdes et les hormones masculines (la testostérone principalement).

 

Trompe : canaux féminins (au nombre de deux) s’ouvrant sur l’utérus. Ces canaux recueillent l’ovocyte après l’ovulation, transportent les spermatozoïdes vers l’ovocyte et l’embryon jusque dans l’utérus.

 

Utérus : fait partie des organes féminins de la reproduction comportant un col et une cavité (corps de l’utérus), dans laquelle l’embryon s’implante. C’est le site de développement du fœtus pendant la grossesse.

 

 

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