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le billet d'anne sophie

Le terminus doré

Publié le par helene33660

Ce matin, en arrivant au bureau, Charles-Henri a découvert une chose insensée : tous ses collaborateurs, du DG au concierge, avaient reçu le même courriel calomnieux:

 « Les patrons vous exploite, ils s'en mète plin les pauches mais laisse crever leurs vieus parents dan la misère ».

Une rapide enquête du service informatique permit de localiser l'origine de ces injures : « le Terminus doré », la maison de retraite où reposent maman et belle-maman. Il s'avère qu'elles ont agi avec la complicité de deux co-pensionnaires férues d'informatique. Mais pour quel mobile ? L'établissement est très propre, la courette bien entretenue, les chambres à six lits assez spacieuses et la nourriture très correcte, du moins pour des vieillards édentés qui ne font plus la différence entre le foie gras et le pâté de campagne. Pendant la grande canicule elles ont été placées en chambre froide et régulièrement irriguées.

Nous avons choisi la maison de retraite la meilleure de France, en terme de rapport qualité-prix, et à l'autre bout de la France pour ne pas avoir la tentation de les importuner par des visites trop fréquentes.  Chaque année, pour Noël, nous leur envoyons une boite de marrons glacés avec un mot d'encouragement.
Alors pourquoi ? pourquoi ?
Je crois, hélas, qu'Alzheimer est passé par là. On avait bien besoin de ça à l'usine, en pleine crise. Pourvu que cette histoire de famille ne s'ébruite pas !


Le Billet d'Anne-Sophie.

Nota : L'illustration de cet article provient du blog remarquable http://clarenne.francis.over-blog.com/ qui vient hélas de s'arrêter.

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Humour chic : L'avenir de Pablo

Publié le par helene33660

Ce matin, notre nounou est partie, définitivement.
Vous avez probablement été surpris d'apprendre que nous avions une nounou ; c'est que je ne vous ai pas tout dit.
Un jour, Hubert, notre aîné, débarqua au château, un bébé dans les bras. C'était son fils, Pablo, né de mère inconnue.
Certes nous ne sommes plus au temps où le fils-père devait réparer sa faute en épousant la fille légère pour sauver l'honneur de la famille, mais tout de même, cette situation nous contraria. Nous prîmes une nounou pour soulager Hubert qui poursuit ses études et surtout pour mettre Pablo à l'abri des regards indiscrets lors des garden parties et des réceptions que nous donnions au château.

C'est à présent fini, Hubert devra concilier ses études - il en est à bac + 10 - et son rôle de père, car je n'attends pas grand secours de Maria pour l'assister.
Cela sera rude pour lui qui travaille jour et nuit à la rédaction de sa thèse de doctorat sur « le management d'entreprise en milieu hostile », mais que voulez-vous, à 30 ans , il doit prendre ses responsabilités.

Dès sa thèse passée, il devrait succéder à Charles-Henri à la tête de notre entreprise, bien que je sente qu'au fond de lui mon époux doute de ses capacités de meneur d'hommes.
Savez-vous ce qui me tourmente le plus ?
L'avenir de Pablo. Ne gardera-t-il pas des séquelles de l'éducation que va lui donner son père - disons-le franchement - très léger pour ne pas dire totalement immature.

 Que la crise nous frappe soit, mais qu'elle handicape l'avenir de nos enfants, je ne le tolérerai jamais.


Le Billet d'Anne-Sophie.

Nota : L'illustration de cet article provient du blog remarquable http://clarenne.francis.over-blog.com/ qui vient hélas de s'arrêter.
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La domesticité : humour chic

Publié le par helene33660

Aujourd'hui, dans le cadre du plan de rigueur familial, notre geste pour la planète des riches concerne la domesticité.
Il est vrai, je le reconnais, que nous avons peut-être un sureffectif dans nos gens de maison.
 Avons-nous réellement besoin d'une gouvernante, d'un garde-chasse, d'un jardinier, d'une femme de chambre, d'une cuisinière et d'une nounou ?

Charles-Henri a vite tranché : « nous ne garderons que Maria, notre femme de chambre actuelle qui fera office aussi de cuisinière, de nounou, et, à ses temps perdus, entretiendra le parc ».
Quant à moi, je dois jouer le rôle de gouvernante, ce qui est bien rabaissant pour une maîtresse de maison. Il ne se rend pas compte que nous ne vivons pas dans un deux pièces avec jardinet, mais dans un château entouré d'un parc immense.
« Et qui protègera la propriété contre les rôdeurs, puisque nous n'aurons plus Joseph, le garde-chasse ? » interrogeai-je.
« Nous prendrons un chien et le placerons dans une niche, au portail du parc, pour décourager les maraudeurs.

Ne cherchez pas un éleveur de chiens de race, nous irons à la SPA et ramènerons ce que nous trouverons » me répondit-il.
 C'est ce que nous avons fait, mais je sens que la propriété va être beaucoup moins bien gardée qu'avec Joseph et son pitbull.

« Anne-Sophie, prévenez votre petit monde, et moi je m'occupe des formalités administratives pour le licenciement économique. Et dites leur bien qu'ils feront leur préavis jusqu'au dernier jour ».
Leur préavis ? je croyais qu'il suffisait de leur verser leurs gages et qu'ils partaient sur le champ. Il est vrai que, par arrangement, la moitié de nos gens sont payés par l'entreprise, ça doit compliquer les choses.

Je me demande comment Maria, en réalité Dolorès, une espagnole pas très futée, va prendre ces bouleversements - oui, par commodité, j'ai toujours appelé mes femmes de chambre Maria sinon je m'y perds !

Je lui annoncerai que c'est une promotion, une extension de responsabilités, un accès à la polyvalence, qualité si recherchée de nos jours, sans aucune réduction de salaire. De toute façon, elle n'a pas le choix. Que de soucis et de surcharge de travail en perspective pour nous tous.
Garce de crise, tu nous feras crever ! Excusez-moi pour cet écart de langage dû à l'emportement.


Le Billet d'Anne-Sophie.
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Humour chic : passer inaperçue...

Publié le par helene33660

Passer inaperçue dans la crise...


Je n'ai plus de dettes et ce séjour d'une semaine au Celebrity Center de scientologie m'a, quoi qu'on en dise, stimulé pour affronter le plan de rigueur annoncé par Charles-Henri à notre dernier Conseil de famille.

Je suis prête, à tout. Heureusement, car hier soir, à la fin du dîner, Charles-Henri est revenu à la charge et nous a mis les points sur les i :
« Chaque jour, nous devons faire un geste pour la planète des riches, tout comme Nicolas Hulot le demande aux pauvres gens pour la planète populaire. Chez nous, ce geste s'appelle rigueur ».

Ce matin, j'ai voulu appliquer la recommandation qu'il avait donnée en Conseil de famille : surtout, ne vous faîtes pas remarquer, car la chasse aux riches est ouverte. Eh bien, vous le croirez si vous voulez, je ne suis pas arrivée à passer inaperçue. 
Quand on a de la classe, c'est impossible.
Tout ce que vous touchez, tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que vous soyez dans un salon des Champs-Elysées ou dans une banlieue en grande souffrance, vous propulse sous les feux de la rampe sociale.
 On ne jette pas aux orties en quelques jours l'éducation et le savoir-vivre acquis durant toute une vie.


Le Billet d'Anne-Sophie.
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Anne Sophie : l'aveu à Charles-Henri

Publié le par helene33660

J'ai cette dette de 17.000 euros sur l'estomac.
Chaque jour, mon conseiller-orientateur scientologue se fait plus pressant. Que faire. Le loto, à qui le tour ? Je crains que le mien arrive trop tard.
 Me prostituer, comme une bulgare ? Vous n'y pensez pas. Alors, je n'ai vu qu'une seule solution, aussi dure soit-elle : tout avouer à Charles-Henri. C'est ce que je fis et sa colère fut terrible.
 « Comment ? Vous vous êtes laissée piéger par cette secte ? » hurla-t-il.
 L'Eglise de scientologie, une secte ! Je tombai de haut, ils sont si gentils, si attentionnés, et leurs cigarettes Scientos si délicieuses.
«  Une religion qui vous extorque 17.000 euros ne peut être qu'une secte » ajouta-t-il.
Je lui fis remarquer que c'est à peu près ce que nous donnons chaque année au denier du culte sans avoir jamais rien eu en retour, pas le moindre paquet de Christos.


Il empaqueta tout ce que j'avais ramené du Celebrity Center, le retourna à l'Egise de scientologie - excusez-moi, je n'arrive pas à dire secte - en exigeant qu'ils suppriment mon nom de tous leurs fichiers conformément à la loi Informatique & Libertés, sous menace de plainte pour escroquerie en bande organisée. Et nous n'entendîmes plus jamais parler d'eux.

J'avais secrètement caché mon dernier paquet de Scientos. Charles-Henri, qui est curieux de tout, voulut en goûter une. Après quelques bouffées, il se mit à chanter l'Internationale et esquissa quelques pas de danse... Hilarant ! Il fit même une cocotte avec un billet de 500 euros en imitant le caquètement de la poule.
Inquiète tout de même, j'appelai Hubert qui n'hésita pas une seconde :
« Qui a donc pu filer un pétard à père ? ».
 Je baissai les yeux innocemment, affolée à l'idée d'être mise en examen pour trafic de drogue. De fil en aiguille, voyez à quelles extrémités peut nous mener la crise !


Le Billet d'Anne-Sophie.

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Dépot de bilan...

Publié le par helene33660

Lacroix a déposé le bilan.

Qu'un si grand artiste du luxe soit économiquement balayé vous donne une idée de l'ampleur de la crise qui touche les riches.
J'ai immédiatement demandé à toutes mes amies de surveiller les échos judiciaires afin que nous soyons les premières informées de sa mise en liquidation, il y aura sûrement de très bonnes affaires à saisir.

Maria, notre femme de chambre espagnole pas très futée, a surpris ma conversation et a fait courir le bruit à l'office que la javel La Croix allait disparaître incessamment. J'ai dû réunir tous nos domestiques pour apporter un démenti et leur expliquer qu'il s'agissait du grand couturier Christian Lacroix et que cela les toucherait peu.

A peine avais-je terminé cette mise au point que le curé de notre village frappait à la porte du château, tout rouge, essoufflé par une course effrénée, au bord de l'apoplexie. Il avait eu vent de la nouvelle et je dus le rassurer lui aussi : sa croix était bien solide et il n'avait rien à craindre pour son avenir professionnel.

D'ici à ce que je reçoive un appel téléphonique de notre ami Philipp, ambassadeur de la Confédération Helvétique, craignant la disparition de son drapeau, il n'y a qu'un pas.

C'est qu'en ces temps de crise, personne ne se sent à l'abri d'une catastrophe.

Finalement, ce n'est pas lui mais ma grande amie Adriana qui m'appela, affolée à l'idée de perdre son contrat publicitaire avec la Croix Rouge. Etonnant non ?


Le Billet d'Anne-Sophie.
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humour chic dans la crise

Publié le par helene33660

Ce soir en rentrant du bureau, Charles-Henri m'a lancé au visage ce que je croyais être un tract de Besancenot tant il était furibond.
 Pas du tout, c'était ma dernière note de frais :
 une étude du marché chinois (8.999 euros),
déjeuner avec des clients (4.500 euros),
aménagement de poste de travail (3.500 euros)
 et un ticket de parking avec justificatif (1 euro).
Soit un total de 17.000 euros, exactement le montant de ma dette à l'Eglise de scientologie.

« C'est quoi cette étude de marché ? » grommela-t-il.
« Une étude qualitative et quantitative sur un échantillon de 8 chinois représentatifs de ce que j'avais sous la main. La conclusion de ma mission en Chine est très positive pour notre entreprise FrivoliToys : 80% ne connaissent pas les sex-toys mais se disent prêts à en faire l'essai, et le marché chinois ne demande qu'à s'ouvrir à nos produits ».

« Félicitations, ma chère, 8.999 euros pour ça, vous battez le record de Xavière Tiberi, pourtant difficile à concurrencer sur ce terrain » ironisa-t-il.

Puis, je fus soumise à un véritable interrogatoire : pourquoi n'y-a-t-il pas les noms des 50 clients invités au repas ?
- parce que c'était un car de japonais dont les noms ne vous auraient rien dit.
C'est quoi cet aménagement de poste de travail ?
- Une parure « Paris Hilton » pour le PC de Marie-Charlotte. Elle ne supporte plus la froideur technologique du métal pour se concentrer sur ses mails, échanger avec ses amis de Facebook et télécharger sur l'internet diverses choses intéressantes. En vérité, ne le répétez pas, je l'ai payée 25 euros à la Foirfouille.

Je ne comprenais pas cette suspicion. J'ai toujours eu coutume de faire une note de frais à la Société chaque fois que mes besoins personnels l'exigeaient ; le comptable n'y trouvait rien à redire et le commissaire aux comptes les approuvait.

« Je ne vais pouvoir retenir que votre ticket de parking lorsque vous êtes allée poster la Déclaration de TVA, et c'est tout. Les temps ont changé, Anne-Sophie, et avec la crise nous ne pouvons plus faire n'importe quoi comme avant. Nous sommes contrôlés, sous les feux des médias » conclut Charles-Henri.

Je tombais des nues, la crise me frappait de plein fouet. Avec 1 euro par note de frais, il me faudra des lustres pour rembourser l'église de Scientologie.
Je faisais une entrée en fanfare dans la rigueur.


Le Billet d'Anne-Sophie.
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Scientologie à Célébrity Center

Publié le par helene33660

Après la longue marche sur la grande muraille de Chine, nous atteignîmes enfin les portes du Celebrity Center. Nous étions une dizaine de riches dans la détresse et quelques artistes dont je tairai le nom.
Au front du bâtiment, une grande banderole affichait un proverbe chinois  « Quand le riche maigrit, le pauvre crève de faim ». Ces chinois sont étonnants.
 Le ministre volontaire de scientologie nous accueillit par ces mots :
 « En quelques jours, nous vous transformerons de simple auditeur en préclair, et plus tard vous atteindrez l'état suprême de Clair, débarrassé de toutes influences négatives ».
Ce n'était pas très clair, mais le cocktail de bienvenue fut si euphorisant qu'il nous plongea immédiatement dans un état second où nous étions prêts à tout.

Chacun de nous passa un test de personnalité de quelques deux cent questions. Les premiers jours de stage se décomposaient en périodes de six heures de théorie, six heures de sauna et six heures d'intendance. La théorie c'est l'étude de la Dianétique, la méthode phare mise au point par Ron Hubbard, le fondateur de la scientologie, et aussi l'apprentissage du vocabulaire très praticulier de cette religion.
Par exemple, on ne parle pas de perturbation mais d'enturbulation, d'âme humaine mais de thétan, d'acte néfaste mais d'overt. Ça ne s'invente pas !

Après ces heures d'éveil spirituel suivaient six heures de sauna pour purifier le corps. Je me sentais dessécher à vue d'œil. L'intendance était la période la plus agréable : cocktails dinatoires de vitamines, quelques sommes d'évacuation de la fatigue et surtout, surtout, ces fameuses cigarettes Scientos qui vous élèvent au dessus de l'humanité mortelle et vous font planer.

Les trois derniers jours sont personnalisés pour avancer par étape selon votre état mental préalablement mesuré par un électromètre. L'aiguille de mon électromètre faisait des bonds impressionnants. J'avais des tas de zones de détresse et de douleur spirituelle, de souvenirs refoulés dans des vies antérieures. Pas étonnant avec cette crise ! Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de cigarettes Scientos que j'ai fumées.
Je le précise bien, elles ne contiennent ni tabac, ni benzène, cyanure d'hydrogène et autres substances nocives composant la fumée de cigarette, mais seulement des vitamines et des extraits naturels de différentes variétés de chanvre.
C'est exquis. Le dernier jour, le ministre a mesuré avec l'électromètre les variations de mon état mental : il avait fait des progrès considérables. Et tout cela est gratuit !

Enfin, avant de partir, on me remit le nécessaire pour continuer à travailler à mon salut personnel à la maison :
 un pack de purification (4.000 euros),
un électromètre (5.000 euros),
une pile de livres (2.000 euros),
un portrait souvenir de Ron Hubbard (gratuit)
et une cartouche de 10 paquets de Scientos (6.000 euros).

Je voulus régler ces frais d'entretien par chèque, mais ils refusèrent :
« du cash seulement ».
Voyant ma confusion, le ministre me dit gentiment :
« ne vous inquiétez pas, vous nous règlerez plus tard en liquide. De toute façon vous serez suivie très régulièrement par un conseiller-orientateur proche de chez vous qui veillera sur votre état mental ».
Quelle sollicitude !

J'étais épuisée mais ravie.
A nous deux Madame la rigueur.
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Le matelas d'Hubert

Publié le par helene33660

A la fin du repas de famille dominical, Charles-Henri fit tinter son couteau contre son verre en cristal et réclama le silence :
« Dans une entreprise moderne, le cost-killer est un consultant qui a pour mission de traquer sans pitié la moindre dépense superflue dans tous les services, de l'accueil jusqu'à la Direction générale. Nous devons nous en inspirer pour réussir notre plan de rigueur. Je serai le cost-killer de la famille, rigoureux, impitoyable mais juste. »

Le premier à être épinglé fut Hubert qui dort en chien de fusil, toujours du même côté et n'utilise, d'après les calculs de Charles-Henri, que 30% de son sommier. D'où un surcoût d'investissement, d'entretien, de consommables que rien ne justifie.
Le lendemain, son sommier a été optimisé au plus juste. Il n'y a pas de petites économies. Il arrive cependant qu'Hubert, lors d'un cauchemar, change soudainement de côté et se retrouve projeté à terre sans ménagement.
Lorsqu'il en fit la remarque à Charles-Henri, celui-ci rétorqua :
« Non seulement, nous faisons des économies, mais nous venons d'inventer le sommier anti-cauchemar. Il y a peut-être un brevet à déposer. Vous comprenez maintenant pourquoi l'innovation et la créativité sont les seules clés pour sortir de cette crise ? ». 

Hubert, moulu et couvert de bleus, n'acquiesça que du bout des lèvres.


Le Billet d'Anne-Sophie.

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Vol low cost

Publié le par helene33660

Bonjour, c'est moi, enfin je crois.
Je débarque de Chine en vol low cost. L'horreur !
Tout y est réduit : les sièges, les allées, les hublots, les esprits, les formules de politesse.
 Et pas si low que ça les costs. Vous avez un bagage de plus de 500 grammes ? Un cost supplémentaire.
Vous voulez voyager assis ? Un cost de plus.
Près d'un hublot ? Encore un surcost.
Pour peu que vous ayez des poches sous les yeux, un double menton et des poignées d'amour, vous faites exploser votre low cost en vol car tout est objet de supplément.
Quant aux mini-plateaux-repas-pré-emballés, même un immigré clandestin n'en voudrait pas tant ils sont immondes. J'y ai picoré tout de même pour survivre, bras dessus bras dessous avec mon voisin, un inconnu qui ne m'avait pas été présenté. Mais comment faire autrement avec des sièges si étroits ?
Non, vraiment, dès que cette crise sera terminée, je reviendrai à mes premières classes de chez Air France.

Avant mon départ pour le Celebrity Center de scientologie, je craignais de ne pas résister physiquement à cette villégiature chinoise.
Des salades de sauterelles dans des écuelles en bois, une paillasse à même le sol en guise de lit... tout cela m'effrayait.
Pas du tout. La Chine capitaliste est devenue très vivable, pas confortable mais presque, très fréquentable aussi et vous rencontrez plus de français sur la grande muraille que de chinois sur les remparts de la cité de Carcassonne.

Non, ce qui fut terrible c'est l'épreuve morale, psychologique, intellectuelle de la scientologie. Devenir une surfemme et atteindre « l'état de clair » rationnel et intelligent, en se débarrassant de ses « aberrations » n'est pas de tout repos.
Je vous conterai mon séjour un peu plus tard, les plaies sont encore à vif et les stigmates trop récents. Il faut laisser le temps au temps.

Le Billet d'Anne-Sophie.
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